RTM: les Marseillais pris en otage par Gaudin

Publié le par laurent

Pourquoi lors d'un conflit social dit-on toujours que les usagers sont pris en otage par les grevistes? Alors que s'il y a prise d'otage, c'est par les deux parties en conflit, non?

J'aurais même  tendance à penser que c'est par l'employeur, mais bon, là ça n'engage que moi...
L'article suivant de Libé nous rappelle quelques infos interessantes...

A Marseille, Gaudin s'est pris les pieds dans le tram

Après un conflit de 46 jours que le maire n'a su ni prévenir ni guérir, sa victoire à la Pyrrhus pourrait lui coûter la mairie.

par Michel HENRY
Libération QUOTIDIEN :  27 novembre 2005

Marseille de notre correspondant


Extraits:

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Le député marseillais UMP Guy Teissier l'a fait remarquer dès jeudi, quand la grève s'est achevée : «Le dialogue social doit se moderniser», a-t-il affirmé, appelant le maire à organiser une table ronde afin que les Marseillais ne soient plus «les otages systématiques des luttes entre syndicats et autorités publiques». Tâcle en douceur venu de sa propre équipe : Teissier prône le dialogue là où Gaudin s'est évertué, pendant 46 jours, à faire la sourde oreille...

L'autre avertissement émane du médiateur furtif, Bernard Brunhes. Jeudi, sur la radio BFM, il a déclaré : «Je n'ai pas compris que des dirigeants, notamment les dirigeants politiques et ceux de la RTM, se disent "on va avoir leur peau" [des traminots] et pendant ce temps-là, les Marseillais vont à pied (...). J'ai compris très vite que la mairie de Marseille et la direction de la RTM n'avaient pas la moindre envie que ça s'arrête, ou alors que ça s'arrête avec une CGT qui dirait "ça y est, j'ai perdu".»

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Logique libérale. Au lieu de cela, Gaudin a passé son temps à aboyer contre la CGT, passant pour un idéologue du libéralisme économique, alors qu'il s'applique depuis des années à lisser une image locale de rad-soc pépère. «C'est une évolution significative, assure Robert Bret (PCF). Il est monté très fort dans la logique libérale. Pour la première fois, il épouse ce qu'est l'UMP au plan national. Jusqu'ici, il était, à Paris, le vice-président de l'UMP, et à Marseille le maire de tous les Marseillais. Là, on ne reconnaissait plus dans la radicalisation de son discours le Gaudin qui arrondissait habituellement les angles. Il se coupe des couches populaires.» Gaudin se rêvait en bon saint-bernard, voici qu'il se réveille en roquet.

«Ce conflit, il l'a mené pour être président du Sénat, assure Patrick Mennucci (PS). La majorité des sénateurs de droite est extrêmement réactionnaire, et dire qu'on casse la CGT, ça fait bien quand on veut être président du Sénat. Mais le problème, c'est qu'il le fait sur le dos des Marseillais.» Et le maire s'est bien gardé ensuite d'aller au front du conflit, y envoyant ses adjoints. «Gaudin aurait dû engager un processus de discussion, analyse Michel Pezet (PS). Maintenant, il dit "j'ai bien fait parce que les syndicats ont mis les bouts", mais ça pourrait être une victoire à la Pyrrhus : les syndicats l'ont en travers, ils vont essayer de rebondir.»
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...Et montrent un malaise profond que le maire tente de cacher, faute de pouvoir le résoudre. Comme l'explique Mennucci (PS), si «l'image de Marseille a changé, la réalité reste la même». Une cité pauvre où la moitié des ménages ne paye pas l'impôt sur le revenu, où le chômage dépasse les 14 %, et où les écarts de revenus varient de un à quinze, ce qui en fait la ville la plus inégalitaire de France (étude Insee de décembre 2004). Où, même en s'engageant dans une impasse, les syndicats ont pu mobiliser les traminots pendant plus de quarante jours. Une telle capacité de mobilisation devrait, au minimum, amener les élus à se poser des questions.



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