Que reste-t-il de l'amour après Freud

Publié le par laurent

Questions aux sciences humaines et à la psychanalyse: des philosophes à L.Lacan, en passant par S.Freud

Jean-Tristan Richard, Harmattan, 2000

Ce livre s'adresse à tous les êtres humains que l'amour interroge. Il pose d'emblée la question de sa disparition prochaine dans notre culture. D'un côté, littérature, cinéma ou chansons continuent à témoigner de l'omniprésence de l'amour ; de l'autre, les sciences analysent ses composantes biologiques, éthologiques et philosophiques. Quant à la psychanalyse, elle conduit à un paradoxe : elle montre que l'amour détermine un climat sécurisant d'une part, et qu'il obéit à une logique inconsciente, infantile et illusoire. Ainsi, la mode des nouvelles pathologies est interrogée, l'apport lacanien exposé et décortiqué à l'aune des textes freudiens.

(Editeur)

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laurent 01/12/2005 00:12

Merci pour le lien. Ca a en effet l'air interessant.
J'ai retrouvé dans le banquet la confirmation de ce que je disais plus haut:
Les deux moitiés, quand elles se retrouvaient, s'enlaçaient et restaient comme ça jusqu'à la mort (191b)car elles ne pensaient plus à se nourrir. C'est suite à celà que Zeus, ému, leur donna la possibilité de se reproduire pour que l'espèce ne disparaisse pas.

marie 30/11/2005 14:39

Je viens de trouver un lien qui semble fort intéressant mais je n'ai pas le temps de le lire en entier tout de suite:

http://pageperso.aol.fr/yvdorion/pla-ban.htm

marie 30/11/2005 14:24

Je dis peut-être des conneries aussi mais si je me souviens bien, dans le banquet, si les dieux ce sont fâchés sur les hommes "doubles" (tel qu'il était avant la tragédie), c'est parce qu'ils ont essayé de grimper dans le ciel pour atteindre les dieux. Donc l'autre tebe avec son éclair les sépare en deux pour les punir et pour qu'ils ne puissent plus grimper dans le ciel essayer de prendre leur place, et effectivement depuis chacun cherche son autre moitié (l'amour), et Aristophane insiste pour dire que ce sont ceux qui avaient deux bites qui sont les meilleurs, d'où le fait que un couple homme homosexuel est le meilleur des couples.

Je vais vérifier et je reviens demain!
(j'étais très jeune quand je l'ai lu, j'ai peut-être pas tout capté).

laurent 30/11/2005 12:50

Marie épinglait "l'amour fusion" comme se situant plus sur un versant "négatif" (angoisse, peur de l'abandon...). Ce à quoi je souscris tout à fait.
François: Je ne pense pas que ce ne soit le cas qu'à la fin de la relation... Mais bien inhérent au phénomène amoureux . Mais nous parlons bien sur ici de "l'amour passion", de ce phénomène de "depersonnalisation", d'abandon total à l'autre, des grandes tragédies classiques...
Cette fusion totale est une chimère... biensûr, et heureusement! ce serait la mort sinon... L'androgyne d'Aristophane dans le Banquet ne peut vivre dans cet état. Les dieux le punissent en le séparant en deux (du coup depuis chacun cherche sa moitié), mais cette punission l'a sauvé car n'était pas viable si je me souviens bien (mais ptetre que je dis une connerie...)
La réalisation de cette fusion, ce serait de l'ordre de la jouissance supreme... Donc de la mort. "donner à quelqu'un qui n'en veut pas": on en veut pas de cette mort! La passion aboutit à la mort, et l'amour essaie de concilier cette aspiration à la passion: "l'amour c'est ce qui fait condescendre la jouissance au désir"...


Je pense que ceci n'est pas le seul fait de la fin de l'amour mais y participe dès le début. Mais ça n'enlève en rien ce que tu as dit sur l'empreinte laissée, la construction par étayage sur l'autre... enfin je crois.

En fin, Marie, tu parles d'un état voluptueux qu'aucun toxique ne pourra égaler... Je trouve que tu as tout à fait raison: je crois que le toxique ne vise d'ailleurs que celà (egaler l'amour) mais que ça rate toujours... Freud considérait le toxique comme un remplaçant de "la toxine que l'ivresse de l'amour produit"...

marie 30/11/2005 10:17

françois je comprends ton désaccord, mais je réagissais plus par rapport au texe:

"Quant à la psychanalyse, elle conduit à un paradoxe : elle montre que l'amour détermine un climat sécurisant d'une part, et qu'il obéit à une logique inconsciente, infantile et illusoire. Ainsi, la mode des nouvelles pathologies est interrogée, l'apport lacanien exposé et décortiqué à l'aune des textes freudiens."

cela parle d'un paradoxe: celui justement d'un coté le "sécurisant", de l'autre, (je me permets de résumer les trois mots: logique inconsciente-infantile et illusoire en ) la "régression".

Mais tu as raison dans le fait que ce n'est pas une expérience totalement dénuée d'intérêt. Loin de là. Elle permet d'ailleurs aussi un grand travail sur soi, d'apprendre de l'autre, d'évoluer si on la vit de manière constructive, lucide et surtout, "d'être pêtée naturellement", parce que c'est un état voluptueux que l'on atteind difficilement avec une substance chimique...

C'est en effet un paradoxe...
Et je crois qu'il faut être assez fort pour le vivre du coté positif.